1,7 million de salariés au SMIC début 2015 en France

Selon une publication de la DARES, 1,7 million de personnes travaillant dans le privé touchait le SMIC au premier janvier 2015.

Un rapport de la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) daté d’octobre 2015 nous enseigne que 1,7 million de personnes ont bénéficié de cette revalorisation. Ceci signifie qu’au 1er janvier 2015, la France comptait 1,7 million de salariés du privé payés au SMIC.

La dernière revalorisation du SMIC date du premier janvier 2015. Lors de celle-ci le SMIC a été augmenté de 0,8% pour atteindre 9,61 euros brut de l’heure.

Ce décompte ne tient pas compte des intérimaires, des apprentis et des stagiaires du secteur privé. Ni des salariés des secteurs de l’agriculture, de l’administration, des syndicats de copropriété, des associations de loi 1901 de l’action sociale, des activités des ménages et des activités extraterritoriales.

  • Les personnes au SMIC constituent 11,1% des 15 millions de salariés du privé

1,7 million de personnes au SMIC
Travailleurs du département de l’énergie aux États-Unis

Sur les 23 millions de salariés recensés en France métropolitaine, 15 millions sont des salariés du privé. Parmi eux 11% touchent le SMIC. Ce pourcentage est dans la moyenne de ces cinq dernières années. Notamment après 10,8 % au 1er janvier 2014. Mais il convient d’exclure le chiffre de 12,3 % au 1er janvier 2013.

La rapport relève également que presque un quart des salariés des entreprises de moins de 10 salariés fait partie de ces 1,7 million de personnes au SMIC. Mais que le pourcentage chute à 8% dès lors que l’entreprise compte au moins dix salariés.

Ce sont dans les branches de la restauration et de hébergement que sont recensés le plus grand nombres de salariés au SMIC. Il concerne ainsi plus d’un tiers des effectifs.

Les salariés à temps partiel sont davantage concernés par la revalorisation du SMIC que les salariés à temps plein. Même si le pourcentage baisse légèrement en 2015 pour s’établir à 25,6%, ce qui représente -0,4% par rapport à 2014.

Gérard Mulliez : « Le salaire maximum devrait être de 20 SMIC »

Gérard Mulliez, le patron du groupe Auchan, préconise de plafonner les plus gros salaires à 20 SMIC.

Gérard Mulliez est un homme qui fait rarement parler de lui dans les médias. Pourtant, le fondateur du groupe Auchan est une des premières fortunes de France. Le groupe Auchan comprend entre autres les enseignes Leroy Merlin, Boulanger, Norauto, Décathlon, Flunch, Saint-Maclou, Kiabi et bien d’autres. Il s’agit de l’une des plus remarquables réussites professionnelles françaises.

L’interview qu’il a accordé au magazine « l’Obs » est un événement tant l’homme est du genre discret. C’est au cours de celle ci que Gérard Mulliez a donné son avis sur un certain nombre de faits d’actualité, dont notamment les récentes polémiques liées aux révélations sur le montant des salaires perçus par certains patrons de grandes sociétés.

  • « 20 SMIC, aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela »

« Dans ma famille, on a toujours préconisé que le salaire maximum soit de 20 smic et on se tient à cette règle chez Auchan. Aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela » a livré Gérard Mulliez au journaliste qui l’interviewait.

Gérard Mulliez, patron d'Auchan
Un supermarché Auchan
Crédit : BKP

Il poursuit en ajoutant qu’être payé 20 fois le SMIC « C’est déjà beaucoup. Vous êtes payé tout seul comme 20 personnes de votre entreprise ! De plus, c’est une erreur de tir. En général, lorsque vous avez des patrons surpayés, ils surpayent aussi leurs subordonnés directs. Et qui voit sa rémunération limitée ? Le personnel de base ».

Gérard Mulliez termine en se décrivant lui-même comme radin « Je voyage en seconde classe » avoue-t-il, avant d’ajouter que « jusqu’à la naissance de mon troisième enfant, […],  je faisais du camping chaque été ».

Ce coté entrepreneur modeste et socialement responsable affiché par Gérard Mulliez ne doit pas occulter le fait que la famille Mulliez est aussi connue pour son optimisation fiscale qui lui a fait déménager de l’autre coté de la frontière. En effet, la fiscalité est bien plus avantageuse en Belgique pour les grandes fortunes et les très riches payent beaucoup moins d’impôts dans le plat pays.

Pierre Gattaz souhaite des formations payées 80% du SMIC

Le président du MEDEF, Pierre Gattaz, préconise la possibilité d’embaucher des adultes en formation rémunérée 80% du SMIC.

« Je préconise de créer des contrats de professionnalisation sur mesure, en permettant aux entreprises d’embaucher à 80% du Smic, comme c’est la règle pour les moins de 26 ans ». Telle est la déclaration cette semaine de Pierre Gattaz, celui qu’on appelle le patron de patrons.

Le président de l’organisation patronale détaille sa proposition en précisant que « L’entreprise les formerait pendant une durée de dix-huit à vingt-quatre mois, un investissement lourd ».

Pour ce qui est de la rémunération des personnes qui suivraient cette formation, Pierre Gataz propose un salaire équivalent à 80% du SMIC. Il indique que « leur rémunération devrait être complétée par l’indemnité de chômage ou le RSA pour atteindre le Smic ».

  • Un double avantage pour l’entreprise et la personne formée

pierre gattaz
Crédit : Copyleft

Pour Pierre Gattaz, cette mesure aurait un double avantage. Elle permettrait de lutter contre le chômage en formant des personnes sans emploi à des métiers demandés par les entreprises. Ces méteirs sont parfois difficile à pourvoir, faute de profils adaptés.

« Il y a un million de personnes au chômage de longue durée et un million bénéficiant du RSA, très loin de l’entreprise et de l’emploi » enchaine Pierre Gattaz. Avec la formation qu’il préconise, les personnes sans emploi pourraient envisager « un retour à l’emploi durable ».

Certains syndicats restent cependant réservés sur cette proposition. En effet, ils soulignent l’existence de plusieurs mesures de retour à l’emploi qui offrent déjà des avantages à l’employeur. Ils craignent que ces formations telles que proposées par Pierre Gattaz ne débauchent pas sur des CDI.

Le président du Medef souhaite que la France s’inspire des modèles de nos voisins européens. « Par exemple, aux Pays Bas, la rémunération est inférieure au salaire minimum pour les jeunes. Et le taux de chômage y est très inférieur au nôtre ».

La prime d’activité accessible au moins de 25 ans

François Hollande a annoncé aujourd’hui que la prime d’activité sera étendue au moins de 25 ans.

Invité de Canal + ce dimanche 19 avril, François Hollande a annoncé que la prime d’activité pourra être versée à «toutes les personnes qui sont dans les petits boulots, l’intérim, le temps partiel». Cela signifie qu’elle touchera également les jeunes de moins de 25 ans.

La prime d’activité est le nom de l’aide financière qui va remplacer dès 2016 la prime pour l’emploi et le RSA-activité. Jusqu’à présent, les jeunes de moins de 25 ans en étaient exclu.

Or « Pour les favoriser, ils vont avoir cette prime d’activité » à annoncé le chef de l’État. Car pour ce dernier «les plus précaires sont souvent les jeunes. Ceux qui acceptent des petits boulots, des stages, quelques fois des contrats qui durent un mois».

Ainsi dès l’an prochain les jeunes de moins de 25 ans qui exercent un emploi et gagnant moins de 1 400 euros net par mois pourront demander à toucher des primes d’activité.

  • Une personne célibataire touchant le SMIC pourra obtenir une prime de 130 euros par mois.

Les moins de 25 ans aura droit à la prime d'activité Crédit : Håkon Kjøllmoen
Les moins de 25 ans aura droit à la prime d’activité
Crédit : Håkon Kjøllmoen

Ainsi l’aide sera de 130 euros par mois pour une personne seule. Dans le cas d’un couple ayant deux enfants, dont un membre est au SMIC à plein temps et l’autre au SMIC à mi-temps, celle-ci montera à 230 euros par mois. Dans le cas d’un parent isolé qui travaille une dizaine d’heures pas semaine, la prime sera alors de 220 euros par mois.

Cette nouvelle organisation autour des primes d’activité sera présentée dès mercredi en conseil des ministres. Elle sera portée par le ministre du travail François Rebsamen. Cette gratification pourrait toucher un peu plus d’un million de jeunes qui travaillent. Le cout estimé est d’un milliard d’euros.

Le RSA socle (anciennement RMI) reste quant à lui toujours hors de portée de moins de 25 ans.