1er janvier 2017 : Entrée en vigueur du SMIC 2017 à 9,76 euros brut

Ce 1er Janvier 2017, le SMIC horaire brut passe officiellement à 9,76 euros

C’est ce 1er janvier 2017 que le SMIC horaire est porté à 9,76 euros brut. Ceci représente 1 480,27 euros brut mensuels pour une personne majeure ayant un temps plein de 35 heures hebdomadaires.

1er janvier 2017
Crédit : VectorOpenStock

Le SMIC 2017 subit donc une hausse de 0,93% par rapport au SMIC 2016. Soit une augmentation de 9 centimes d’euro. Le SMIC mensuel brut 2017 prend un peu moins de 14 euros par rapport au SMIC mensuel 2016.

La tendance avait été annoncée dès fin novembre avec une première estimation du SMIC 2017 à 9,75 euros. Puis le groupe d’experts sur le SMIC avait déconseillé au gouvernement d’appliquer un « coup de pouce » au 1er janvier 2017.

Une des augmentations du SMIC les plus faibles de ces dix dernières années.

Ensuite, la ministre du travail a officiellement annoncé un SMIC 2017 brut à 9,76 euros le lundi 19 décembre 2016. Les conseils de ne pas appliquer de coup de pouce ont donc été suivis par le gouvernement.

Puis l’assemblée nationale a validé la décision du ministère dès le 21 décembre 2016. Le décret 2016-1818 daté du 22 décembre entérine cette décision. Finalement, ce décret a été diffusé dans le Journal Officiel le 23 décembre 2016.

Rappelons que tous les premiers janvier, le SMIC subit une revalorisation automatique. Celle-ci est basée sur une formule qui tient en compte deux valeurs. Chacune compte ainsi pour moitié dans le calcul de la revalorisation annuelle :

  • L’indice des prix à la consommation hors tabac pour les 20% de ménages aux revenus les plus faibles
  • Le taux du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE)

Sauf surprise, il n’y aura donc eu qu’un seul coup de pouce au SMIC sous la présidence de François Hollande. Celle-ci a eu lieu en 2012, quelque mois après l’arrivée au pouvoir du candidat socialiste.

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Travailleur détaché : Il coute plus cher qu’un employé français au SMIC

Un travailleur étranger détaché coute plus cher à l’employeur qu’un salarier français au SMIC

Le rapporteur général au Budget, Valérie Rabault, vient de casser le mythe du travailleur détaché venant de l’étranger. Mythe selon lequel un travailleur étranger est un bien meilleur investissement pour un patron. Selon elle, il revient plus cher à une entreprise d’embaucher un travailleur détaché que d’employer un français au SMIC.

Valérie Rabault travailleur détaché
Valérie Rabault et François Hollande
Crédit : Besoin de gauche

Exemple à l’appui, elle a défendu cette opinion hier devant l’assemblée nationale. « Désormais, pour un salarié payé au SMIC, les cotisations patronales représentent 10 % du salaire brut, contre 20 % en 2007 comme en 2012 ». Ceci est principalement dû au CICE et au pacte de responsabilité.

Selon elle, « un salarié français rémunéré au SMIC par une entreprise exerçant sur le territoire national revient désormais, pour son employeur, à 1 609 euros par mois ». En se basant sur les notes du ministère des finances, elle compare cette valeur aux travailleurs détachés.

« si ce même employé était de nationalité polonaise, qu’il était payé au SMIC en France et que les cotisations étaient versées en Pologne ou en Roumanie, il coûterait à son employeur 1 756 ou 1 619 euros par mois ».

  • Une réalité différente sur le terrain ?

Puis après avoir indiqué ces chiffres, Valérie Rabault salue « les efforts accomplis par la France, avec le CICE et le pacte de responsabilité, en matière de coût du travail pour les salaires au niveau du SMIC ».

Ces déclarations arrivent au moment en plein polémique sur l’emploi de travailleur étranger. Ces travailleurs détachés viennent principalement de Pologne et de Roumanie.

Mais plusieurs observateurs font remarquer une autre réalité. Pour eux, les calculs de Mme Rabault ont beau être justes, ils ne reflètent pas les pratiques sur le terrain. En effet, ces travailleurs étrangers acceptent régulièrement de travailler 55 ou 60 heures par semaine, payées 35. De plus, ces travailleurs détachés acceptent des rémunérations au SMIC là où les français sont souvent payés 1,5 fois le SMIC.

Les salaires indécents des grands patrons en France en 2015

Les rémunérations des grands patrons du CAC40 continuent de grimper

Les salaires des grands patrons se chiffrent toujours en millions d’euros annuels et la tendance n’est pas à la baisse. Certes, le calcul de leur rémunération est complexe de part la nature multiple de leur revenu. Mais les sommes atteintes crèvent tous les plafonds et se chiffrent en centaines d’années de SMIC.

D’un coté, de plus en plus d’efforts sont demandés aux employés. De plus, les réformes dégradant les acquis sociaux se multiplient. Sans oublier la pression de MEDEF se veut régulière afin de défendre les intérêts des patrons. On ne peut que s’indigner des salaires que touchent les grands patrons du CAC40.

  • Des rémunérations astronomiques

Ghosn - grands patrons
Carlos Ghosn – India Economic Summit 2009

Au sommet de cette liste de grands patrons aux revenus astronomiques, on retrouve Olivier Brandicourt le directeur général du groupe pharmaceutique Sanofi. Celui-ci explose ainsi les chiffres avec sa prime de prise de fonctions de 2 millions d’euros et le versement de milliers d’actions gratuites qui se chiffrent à plus de 5 millions d’euros au cours actuel.

Arrive ensuite, Jean-Pascal Tricoire, président du fabricant de produits électriques Schneider Electric. Il se retrouve aux sommets des rémunérations grâce au versement d’une prime astronomique de presque 5 millions d’euros l’an dernier.

Peut-être est-ce lié au fait que ces deux entreprises ne sont pas forcément connues du grand public mais ces rémunérations indécentes sont pourtant passées plus discrètement que celles des patrons de Renault et de Peugeot. En effet, Carlos Ghosn, le patron de la marque au losange, affiche une rémunération astronomique. Plus de 7 millions d’euros, sans compter ce qu’il touche avec Nissan ! Carlos Tavares, le patron de Peugeot a touché en 2015 plus de 5 millions d’euros.

La rémunération de Carlos Ghosn en 2015 représente 415 années de SMIC. Celle de Carlos Tavares équivaut à 300 années de SMIC. Autrement dit, la rémunération d’un seul homme équivaut à celle de 415 personnes payées au SMIC dans le cas du patron de Renault.

1,7 million de salariés au SMIC début 2015 en France

Selon une publication de la DARES, 1,7 million de personnes travaillant dans le privé touchait le SMIC au premier janvier 2015.

Un rapport de la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) daté d’octobre 2015 nous enseigne que 1,7 million de personnes ont bénéficié de cette revalorisation. Ceci signifie qu’au 1er janvier 2015, la France comptait 1,7 million de salariés du privé payés au SMIC.

La dernière revalorisation du SMIC date du premier janvier 2015. Lors de celle-ci le SMIC a été augmenté de 0,8% pour atteindre 9,61 euros brut de l’heure.

Ce décompte ne tient pas compte des intérimaires, des apprentis et des stagiaires du secteur privé. Ni des salariés des secteurs de l’agriculture, de l’administration, des syndicats de copropriété, des associations de loi 1901 de l’action sociale, des activités des ménages et des activités extraterritoriales.

  • Les personnes au SMIC constituent 11,1% des 15 millions de salariés du privé

1,7 million de personnes au SMIC
Travailleurs du département de l’énergie aux États-Unis

Sur les 23 millions de salariés recensés en France métropolitaine, 15 millions sont des salariés du privé. Parmi eux 11% touchent le SMIC. Ce pourcentage est dans la moyenne de ces cinq dernières années. Notamment après 10,8 % au 1er janvier 2014. Mais il convient d’exclure le chiffre de 12,3 % au 1er janvier 2013.

La rapport relève également que presque un quart des salariés des entreprises de moins de 10 salariés fait partie de ces 1,7 million de personnes au SMIC. Mais que le pourcentage chute à 8% dès lors que l’entreprise compte au moins dix salariés.

Ce sont dans les branches de la restauration et de hébergement que sont recensés le plus grand nombres de salariés au SMIC. Il concerne ainsi plus d’un tiers des effectifs.

Les salariés à temps partiel sont davantage concernés par la revalorisation du SMIC que les salariés à temps plein. Même si le pourcentage baisse légèrement en 2015 pour s’établir à 25,6%, ce qui représente -0,4% par rapport à 2014.

Gérard Mulliez : « Le salaire maximum devrait être de 20 SMIC »

Gérard Mulliez, le patron du groupe Auchan, préconise de plafonner les plus gros salaires à 20 SMIC.

Gérard Mulliez est un homme qui fait rarement parler de lui dans les médias. Pourtant, le fondateur du groupe Auchan est une des premières fortunes de France. Le groupe Auchan comprend entre autres les enseignes Leroy Merlin, Boulanger, Norauto, Décathlon, Flunch, Saint-Maclou, Kiabi et bien d’autres. Il s’agit de l’une des plus remarquables réussites professionnelles françaises.

L’interview qu’il a accordé au magazine « l’Obs » est un événement tant l’homme est du genre discret. C’est au cours de celle ci que Gérard Mulliez a donné son avis sur un certain nombre de faits d’actualité, dont notamment les récentes polémiques liées aux révélations sur le montant des salaires perçus par certains patrons de grandes sociétés.

  • « 20 SMIC, aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela »

« Dans ma famille, on a toujours préconisé que le salaire maximum soit de 20 smic et on se tient à cette règle chez Auchan. Aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela » a livré Gérard Mulliez au journaliste qui l’interviewait.

Gérard Mulliez, patron d'Auchan
Un supermarché Auchan
Crédit : BKP

Il poursuit en ajoutant qu’être payé 20 fois le SMIC « C’est déjà beaucoup. Vous êtes payé tout seul comme 20 personnes de votre entreprise ! De plus, c’est une erreur de tir. En général, lorsque vous avez des patrons surpayés, ils surpayent aussi leurs subordonnés directs. Et qui voit sa rémunération limitée ? Le personnel de base ».

Gérard Mulliez termine en se décrivant lui-même comme radin « Je voyage en seconde classe » avoue-t-il, avant d’ajouter que « jusqu’à la naissance de mon troisième enfant, […],  je faisais du camping chaque été ».

Ce coté entrepreneur modeste et socialement responsable affiché par Gérard Mulliez ne doit pas occulter le fait que la famille Mulliez est aussi connue pour son optimisation fiscale qui lui a fait déménager de l’autre coté de la frontière. En effet, la fiscalité est bien plus avantageuse en Belgique pour les grandes fortunes et les très riches payent beaucoup moins d’impôts dans le plat pays.