Les salaires indécents des grands patrons en France en 2015

Les rémunérations des grands patrons du CAC40 continuent de grimper

Les salaires des grands patrons se chiffrent toujours en millions d’euros annuels et la tendance n’est pas à la baisse. Certes, le calcul de leur rémunération est complexe de part la nature multiple de leur revenu. Mais les sommes atteintes crèvent tous les plafonds et se chiffrent en centaines d’années de SMIC.

D’un coté, de plus en plus d’efforts sont demandés aux employés. De plus, les réformes dégradant les acquis sociaux se multiplient. Sans oublier la pression de MEDEF se veut régulière afin de défendre les intérêts des patrons. On ne peut que s’indigner des salaires que touchent les grands patrons du CAC40.

  • Des rémunérations astronomiques

Ghosn - grands patrons
Carlos Ghosn – India Economic Summit 2009

Au sommet de cette liste de grands patrons aux revenus astronomiques, on retrouve Olivier Brandicourt le directeur général du groupe pharmaceutique Sanofi. Celui-ci explose ainsi les chiffres avec sa prime de prise de fonctions de 2 millions d’euros et le versement de milliers d’actions gratuites qui se chiffrent à plus de 5 millions d’euros au cours actuel.

Arrive ensuite, Jean-Pascal Tricoire, président du fabricant de produits électriques Schneider Electric. Il se retrouve aux sommets des rémunérations grâce au versement d’une prime astronomique de presque 5 millions d’euros l’an dernier.

Peut-être est-ce lié au fait que ces deux entreprises ne sont pas forcément connues du grand public mais ces rémunérations indécentes sont pourtant passées plus discrètement que celles des patrons de Renault et de Peugeot. En effet, Carlos Ghosn, le patron de la marque au losange, affiche une rémunération astronomique. Plus de 7 millions d’euros, sans compter ce qu’il touche avec Nissan ! Carlos Tavares, le patron de Peugeot a touché en 2015 plus de 5 millions d’euros.

La rémunération de Carlos Ghosn en 2015 représente 415 années de SMIC. Celle de Carlos Tavares équivaut à 300 années de SMIC. Autrement dit, la rémunération d’un seul homme équivaut à celle de 415 personnes payées au SMIC dans le cas du patron de Renault.

L’impact du rapport Combrexelle sur le SMIC

Le rapport Combrexelle a été remis au premier ministre ce mercredi. Que préconise-t-il pour le SMIC ?

Le rapport Combrexelle fait suite à l’annonce de François Hollande plus tôt dans la semaine à propos d’une réforme. Celle-ci ayant comme but « une meilleure adaptation du droit du travail à la réalité des entreprises« . Elle aboutira sur un projet de loi dans les mois qui viennent.

De l’aveu du chef de l’État, la volonté du gouvernement est de renforcer le dialogue dans les entreprises. ainsi que de donner plus de souplesse dans les négociations internes. Ceci en libérant les partenaires professionnels des rigidités du code du travail.

  • Cette réforme s’appuiera sur le rapport Combrexelle qui a été livré au premier ministre Manuel Valls ce mercredi.

Ce rapport porte le nom de l’ancien directeur du Travail, Jean-Denis Combrexelle. Il avait occupé ce poste jusqu’en mars 2014 avant d’être remplacé par Yves Struillou.

le rapport Combrexelle remis à M. Valls
Manuel Valls

Cette nouvelle loi ne devrait cependant revenir ni sur le SMIC, ni sur les 35 heures. Ainsi l’a indiqué le président de la république. Il s’agit de « garanties essentielles qui ne changeront pas » a-t-il affirmé. Ceci contrairement à ce que pouvait le Medef et les think tanks libéraux comme Terra Nova ou l’Institut Montaigne. Ces derniers s’étaient prononcés pour leur remise en question.

Privé de modification sur la SMIC et sur les 35 heures, on peut se demander si le nouveau projet sur lequel va travailler le gouvernement et visant à assouplir le droit du travail va aboutir sur réelle « réforme ».

D’autant que certaines flexibilités que le président de la république appelle à instaurer dans les entreprises ont déjà été mises en place ces dernières années. Aussi bien par la gauche que par la droite quand celle-ci était au pouvoir. Pourtant, ces mesures en faveur de plus de flexibilité n’ont pas remporté le succès attendu. Elles demeurent peu utilisées dans les entreprises.

Christian Noyer veut revoir la revalorisation du SMIC

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, souhaite une remise à plat des mécanismes de revalorisation du SMIC.

Lors de la présentation du rapport annuel de la Banque de France, Christian Noyer, le gouverneur de l’institution a estimé que « l’économie française ne va pas assez bien » pour redémarrer. D’après lui, elle ne peut pas encore créer suffisamment d’emploi pour satisfaire la population active du pays.

Il incite le gouvernement à ne « pas céder à l’attentisme mais consolider et amplifier les réformes lancées ces dernières années, dont beaucoup restent incomplètes et inachevées ».

Christian Noyer préconise notamment une remise à plat des règles de revalorisation du SMIC. Ce dernier est actuellement revu chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation hors tabac pour les 20% de ménages aux revenus les plus faibles et de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

  • Un SMIC trop élevé qui pèse sur la compétitivité

christian noyer
Credit : CB Richard Ellis

Selon Christian Noyer, la règle actuelle conduit systématiquement à une augmentation du SMIC. Ceci a pour conséquence de pouvoir « pousser l’ensemble des salaires à la hausse et accroître les délocalisations ». Il invite également les employeurs à la « modération salariale ». Il leur demande de ne pas redistribuer davantage que « leurs gains de productivité ».

Outre le SMIC, le droit du travail, la sécurité sociale et la fiscalité mériteraient une « simplification radicale » selon Christian Noyer. Car ces derniers comportent des règles qui « entravent la croissance ».

Il a également critiqué le maintien à un taux de rémunération élevé des livrets réglementés. Parmi ceux-ci le livret A et le livret de développement durable. Le taux élevé du livret A est pour Christian Noyer, une entrave aux efforts bénéfiques de la politique monétaire européenne. Le gouvernement a conservé la taux de livret A à 1% contre l’avis de la banque de France.

La prime d’activité accessible au moins de 25 ans

François Hollande a annoncé aujourd’hui que la prime d’activité sera étendue au moins de 25 ans.

Invité de Canal + ce dimanche 19 avril, François Hollande a annoncé que la prime d’activité pourra être versée à «toutes les personnes qui sont dans les petits boulots, l’intérim, le temps partiel». Cela signifie qu’elle touchera également les jeunes de moins de 25 ans.

La prime d’activité est le nom de l’aide financière qui va remplacer dès 2016 la prime pour l’emploi et le RSA-activité. Jusqu’à présent, les jeunes de moins de 25 ans en étaient exclu.

Or « Pour les favoriser, ils vont avoir cette prime d’activité » à annoncé le chef de l’État. Car pour ce dernier «les plus précaires sont souvent les jeunes. Ceux qui acceptent des petits boulots, des stages, quelques fois des contrats qui durent un mois».

Ainsi dès l’an prochain les jeunes de moins de 25 ans qui exercent un emploi et gagnant moins de 1 400 euros net par mois pourront demander à toucher des primes d’activité.

  • Une personne célibataire touchant le SMIC pourra obtenir une prime de 130 euros par mois.

Les moins de 25 ans aura droit à la prime d'activité Crédit : Håkon Kjøllmoen
Les moins de 25 ans aura droit à la prime d’activité
Crédit : Håkon Kjøllmoen

Ainsi l’aide sera de 130 euros par mois pour une personne seule. Dans le cas d’un couple ayant deux enfants, dont un membre est au SMIC à plein temps et l’autre au SMIC à mi-temps, celle-ci montera à 230 euros par mois. Dans le cas d’un parent isolé qui travaille une dizaine d’heures pas semaine, la prime sera alors de 220 euros par mois.

Cette nouvelle organisation autour des primes d’activité sera présentée dès mercredi en conseil des ministres. Elle sera portée par le ministre du travail François Rebsamen. Cette gratification pourrait toucher un peu plus d’un million de jeunes qui travaillent. Le cout estimé est d’un milliard d’euros.

Le RSA socle (anciennement RMI) reste quant à lui toujours hors de portée de moins de 25 ans.