Les experts sur le SMIC contre un coup de pouce en 2017

Le groupe d’experts s’est prononcé contre un coup de pouce au SMIC au 1er janvier 2017

Le groupe d’experts chargé de donner son avis sur une revalorisation du SMIC s’est prononcé contre ce qu’on appelle un « coup de pouce » au 1er janvier 2017. Ils préconisent ainsi que l’augmentation du SMIC se limite aux règles en vigueur. Le SMIC devrait donc être revalorisé à hauteur de 9,73 euros de l’heure voire 9,75 euros selon les premières estimations. Ceci en attendant les chiffres officiels qui devrait être connus mi décembre.

Déjà à la même époque l’an dernier, ce groupe d’expert avait suggéré au gouvernement de ne pas augmenter le SMIC plus que les règles de revalorisation automatique. Le gouvernement avait suivi ce conseils en établissant un SMIC 2016 à 9,67 euros brut de l’heure.

  • Une reprise économique encore trop fragile selon les experts

experts du SMICLes arguments de ce groupe d’experts ressemblent à ceux déjà formulés fin 2016. A savoir que la tendance est à l’amélioration sur le marché du travail mais que celle-ci reste fragile et incertaine. Ils pensent qu’augmenter le SMIC de manière artificielle en 2017 pourrait nuire à cette timide reprise économique.

Ils disent également qu’augmenter le SMIC fragiliserait les entreprises, ce qui pourrait alors freiner les embauches. Du coté des employés, les experts estiment que «la pauvreté comme l’inégalité diminuent plus fortement sous l’effet d’une revalorisation de la prime d’activité que sous l’effet d’une hausse du Smic»

L’avis de ces experts reste purement indicatif. Mais il est probable que le gouvernement suive encore cette année cette recommandation. Nous ne sommes pas néanmoins à l’abri d’une surprise à six mois de l’élection présidentielle de 2017. Le gouvernement s’exprimera officiellement sur le montant du SMIC 2017 le 19 décembre 2016 à l’issue d’une réunion de la Commission nationale de la négociation collective.

Le dernier « coup de pouce » au SMIC remonte à l’élection présidentielle de 2012. François Hollande fraichement élu avait alors accordé un coup de pouce de 2% au SMIC. Cela pourrait bien être le seul de son quinquennat.

Pas de coup de pouce au SMIC au 1er Janvier 2015

François Rebsamen, le ministre du travail, a exclu un coup de pouce au SMIC pour l’entrée dans 2015

Au 1er janvier 2015, le SMIC n’évoluera que selon les mécanismes légaux qui gèrent son niveau. C’est la conséquence des annonces faites par François Rebsamen, ministre du travail, qui exclu un coup de pouce au SMIC.

Il a précisé que «Quand la croissance n’est pas là, le coup de pouce n’est pas une bonne solution». Avant d’ajouter que «l’objectif prioritaire, c’est l’emploi et l’investissement».

Le ministre a également écarté les propositions sur un SMIC régional. Il a rappelé que «Le SMIC est un outil national de solidarité et doit demeurer le même partout sur le territoire national».

  • François Rebsamen rejette également l’idée de rémunération en dessous du SMIC

Cette idée était une des propositions de Pierre Gataz, le patron du Medef, qui avait fait couler beaucoup d’encre. Le ministre a en effet déclaré «rejeter tout SMIC dérogatoire ou un sous-SMIC pour les jeunes ou les demandeurs d’emploi de longue durée»

François Rebsamen ne donnera pas de coup de pouce au SMIC au 1er janvier 2015
François Rebsamen.
Crédit : Clément Bucco-Lechat

François Hollande, à son arrivée au pouvoir, avait donné un coup de pouce de 2% au SMIC. C’était en 2012, et depuis, les seules augmentations que le SMIC a subies ont été les formules légales. Ce n’est donc pas non plus en ce début le SMIC 2015 qui verra un changement.

En cela, le ministre suit les recommandations du groupe d’experts chargés de conseiller le gouvernement sur le SMIC. Ce groupe avait en effet déconseillé tout coup de pouce au SMIC. Ce groupe d’experts ne voyaient que des effets néfastes à une augmentation trop importante du SMIC dans la situation actuelle du pays.

François Rebsamen a rappelé néanmoins que «le SMIC progresse chaque année». Avant d’ajouter avoir «un défi majeur pour redresser notre pays, dont la compétitivité a été abîmée.»