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Gérard Mulliez : « Le salaire maximum devrait être de 20 SMIC »

Gérard Mulliez, le patron du groupe Auchan, préconise de plafonner les plus gros salaires à 20 SMIC.

Gérard Mulliez est un homme qui fait rarement parler de lui dans les médias. Pourtant, le fondateur du groupe Auchan est une des premières fortunes de France. Le groupe Auchan comprend entre autres les enseignes Leroy Merlin, Boulanger, Norauto, Décathlon, Flunch, Saint-Maclou, Kiabi et bien d’autres. Il s’agit de l’une des plus remarquables réussites professionnelles françaises.

L’interview qu’il a accordé au magazine « l’Obs » est un événement tant l’homme est du genre discret. C’est au cours de celle ci que Gérard Mulliez a donné son avis sur un certain nombre de faits d’actualité, dont notamment les récentes polémiques liées aux révélations sur le montant des salaires perçus par certains patrons de grandes sociétés.

  • « 20 SMIC, aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela »

« Dans ma famille, on a toujours préconisé que le salaire maximum soit de 20 smic et on se tient à cette règle chez Auchan. Aucun dirigeant ne devrait avoir plus que cela » a livré Gérard Mulliez au journaliste qui l’interviewait.

Gérard Mulliez, patron d'Auchan
Un supermarché Auchan
Crédit : BKP

Il poursuit en ajoutant qu’être payé 20 fois le SMIC « C’est déjà beaucoup. Vous êtes payé tout seul comme 20 personnes de votre entreprise ! De plus, c’est une erreur de tir. En général, lorsque vous avez des patrons surpayés, ils surpayent aussi leurs subordonnés directs. Et qui voit sa rémunération limitée ? Le personnel de base ».

Gérard Mulliez termine en se décrivant lui-même comme radin « Je voyage en seconde classe » avoue-t-il, avant d’ajouter que « jusqu’à la naissance de mon troisième enfant, […],  je faisais du camping chaque été ».

Ce coté entrepreneur modeste et socialement responsable affiché par Gérard Mulliez ne doit pas occulter le fait que la famille Mulliez est aussi connue pour son optimisation fiscale qui lui a fait déménager de l’autre coté de la frontière. En effet, la fiscalité est bien plus avantageuse en Belgique pour les grandes fortunes et les très riches payent beaucoup moins d’impôts dans le plat pays.

L’impact du rapport Combrexelle sur le SMIC

Le rapport Combrexelle a été remis au premier ministre ce mercredi. Que préconise-t-il pour le SMIC ?

Le rapport Combrexelle fait suite à l’annonce de François Hollande plus tôt dans la semaine à propos d’une réforme. Celle-ci ayant comme but « une meilleure adaptation du droit du travail à la réalité des entreprises« . Elle aboutira sur un projet de loi dans les mois qui viennent.

De l’aveu du chef de l’État, la volonté du gouvernement est de renforcer le dialogue dans les entreprises. ainsi que de donner plus de souplesse dans les négociations internes. Ceci en libérant les partenaires professionnels des rigidités du code du travail.

  • Cette réforme s’appuiera sur le rapport Combrexelle qui a été livré au premier ministre Manuel Valls ce mercredi.

Ce rapport porte le nom de l’ancien directeur du Travail, Jean-Denis Combrexelle. Il avait occupé ce poste jusqu’en mars 2014 avant d’être remplacé par Yves Struillou.

le rapport Combrexelle remis à M. Valls
Manuel Valls

Cette nouvelle loi ne devrait cependant revenir ni sur le SMIC, ni sur les 35 heures. Ainsi l’a indiqué le président de la république. Il s’agit de « garanties essentielles qui ne changeront pas » a-t-il affirmé. Ceci contrairement à ce que pouvait le Medef et les think tanks libéraux comme Terra Nova ou l’Institut Montaigne. Ces derniers s’étaient prononcés pour leur remise en question.

Privé de modification sur la SMIC et sur les 35 heures, on peut se demander si le nouveau projet sur lequel va travailler le gouvernement et visant à assouplir le droit du travail va aboutir sur réelle « réforme ».

D’autant que certaines flexibilités que le président de la république appelle à instaurer dans les entreprises ont déjà été mises en place ces dernières années. Aussi bien par la gauche que par la droite quand celle-ci était au pouvoir. Pourtant, ces mesures en faveur de plus de flexibilité n’ont pas remporté le succès attendu. Elles demeurent peu utilisées dans les entreprises.

Salaires des fonctionnaires : Des augmentations en 2017

Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique, a dévoilé sa vision de la rénovation des grilles de salaires des fonctionnaires.

En mai dernier, Marylise le branchu avait présenté un premier plan de revalorisation des grilles des salaires des fonctionnaires. Celui-ci est en effet inchangé depuis trente ans. Ce plan avait été rejeté par toutes les organisations syndicales. Elles avaient directement fait appel au premier ministre pour lui fait part de leur mécontentement.

Manuel Valls s’était montré sensible à leur appel. Il avait promis que le gouvernement allait revoir sa copie.

«Le gel depuis 2010 représente pour l’État une économie de 7 milliards. Les fonctionnaires ont déjà largement contribué à la réduction du déficit du pays» a reconnu Marilyse Lebranchu. Elle a ainsi présenté son nouveau plan dont la principale innovation réside dans un allongement de la durée de travail en contrepartie d’une revalorisation des salaires en début de carrière.

  • « Ces propositions sont les dernières que fera le gouvernement »

lebranchu fonctionnaires
Marylise Lebranchu
Crédit : Philippe Grangeaud / Solfé Communications

La ministre a indiqué qu’un enseignant en début de carrière verra sa paie augmentée de 74 euros bruts par mois. Une assistante sociale quant à elle verra son salaire revalorisée de 40 euros. Finalement un agent de propreté pourra profiter de 31 euros supplémentaire. Cependant ces augmentations ne verront le jour pas avant 2017.

De l’autre côté, la durée pour atteindre le sommet de la grille de rémunération pour un fonctionnaire devrait passer d’une fourchette comprise aujourd’hui entre 18 et 25 à une nouvelle fourchette comprise entre 30 et 35 ans.

Ces propositions du gouvernement devront faire l’objet d’un accord avec les syndicats majoritaires. Ces derniers devront se prononcer fin septembre. La ministre a toutefois indiqué que « Ces propositions sont les dernières que fera le gouvernement », alors que les fonctionnaires tardent à bénéficier du retour de la croissance qui commence à se faire sentir en France.

Quand le SMIC est une valeur de référence

Il n’est pas rare que le SMIC soit utilisé comme une valeur de référence, pour illustrer certains montants d’argent importants.

Parachutes dorés, paies astronomiques, dépenses encensées… Les exemples ne manquent pas pour monter à quel point le SMIC peut être utilisées comme une valeur de référence.

On notera le récent déplacement controversé du premier ministre Manuel Valls à Berlin pour assister à la finale de la ligue des champions de football. Il aurait couté entre 12 000 et 15 000 euros selon les estimations.

Les comparaisons avec le SMIC brut à 1457 euros ne se sont pas faites attendre. Les plus critiques ont fait remarquer à qui voulait bien l’entendre que ce déplacement officiel avait couté à l’Etat plus de 10 mois de SMIC.

Et quand la valeur du SMIC mensuel ne suffit pas, on utilise l’année de SMIC. Ceci représente une valeur de référence de 17503 euros. Ainsi, l’attaquant de l’équipe de football (encore!) du Paris Saint Germain, Zlatan Ibrahimovic, touche un salaire annuel de 15 millions d’euros. Soit l’équivalent de 857 SMIC annuel. Il faudrait donc travailler 857 années au SMIC pour toucher le salaire d’une année de la star du PSG !

  • Mais pourquoi utiliser le SMIC comme référence ?

Le SMIC comme valeur de référence
Crédit : Дмитрий Неймырок

On pourrait par exemple utiliser le prix d’une maison comme base de comparaison. Ainsi on pourrait dire que M. Ibrahimovic peut s’acheter  tous les ans 100 maisons à 150 000 euros. Mais utiliser le SMIC comme valeur de référence n’est pas choisi au hasard. Cette comparaison est souvent faite pour illustrer des dépenses élevées, difficilement compréhensibles ou justifiables.

Ce n’est pas une coïncidence si le revenu du labeur d’un employé au SMIC est comparé avec ces sommes d’argent astronomiques. Cela renforce l’impression de fossé qui existe entre monsieur Tout-le-monde qui travaille toute l’année pour gagner un SMIC et ces salaires indécents ou ces dépenses irréfléchies.

Contrairement au prix d’une maison qui peut varier énormément en fonction de nombreux paramètres (lieu, taille, état, …) le SMIC bénéficie également d’une valeur fixe et commune. Ceci renforce sa portée en tant que valeur de référence dans le cadre de comparatifs avec des sommes d’argents élevées.

Christian Noyer veut revoir la revalorisation du SMIC

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, souhaite une remise à plat des mécanismes de revalorisation du SMIC.

Lors de la présentation du rapport annuel de la Banque de France, Christian Noyer, le gouverneur de l’institution a estimé que « l’économie française ne va pas assez bien » pour redémarrer. D’après lui, elle ne peut pas encore créer suffisamment d’emploi pour satisfaire la population active du pays.

Il incite le gouvernement à ne « pas céder à l’attentisme mais consolider et amplifier les réformes lancées ces dernières années, dont beaucoup restent incomplètes et inachevées ».

Christian Noyer préconise notamment une remise à plat des règles de revalorisation du SMIC. Ce dernier est actuellement revu chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation hors tabac pour les 20% de ménages aux revenus les plus faibles et de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

  • Un SMIC trop élevé qui pèse sur la compétitivité

christian noyer
Credit : CB Richard Ellis

Selon Christian Noyer, la règle actuelle conduit systématiquement à une augmentation du SMIC. Ceci a pour conséquence de pouvoir « pousser l’ensemble des salaires à la hausse et accroître les délocalisations ». Il invite également les employeurs à la « modération salariale ». Il leur demande de ne pas redistribuer davantage que « leurs gains de productivité ».

Outre le SMIC, le droit du travail, la sécurité sociale et la fiscalité mériteraient une « simplification radicale » selon Christian Noyer. Car ces derniers comportent des règles qui « entravent la croissance ».

Il a également critiqué le maintien à un taux de rémunération élevé des livrets réglementés. Parmi ceux-ci le livret A et le livret de développement durable. Le taux élevé du livret A est pour Christian Noyer, une entrave aux efforts bénéfiques de la politique monétaire européenne. Le gouvernement a conservé la taux de livret A à 1% contre l’avis de la banque de France.